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OBO immobilier : comment vendre à soi-même et à quelles conditions ?

Comment fonctionne un OBO immobilier ? Découvrez comment vendre un bien à votre SCI, récupérer des liquidités et évaluer les frais, impôts et risques.

Dans cet article

L’OBO immobilier (Owner Buy Out) consiste à vendre un bien à une société que l’on contrôle, généralement une SCI, afin de récupérer des liquidités tout en conservant indirectement l’immeuble. Financée notamment par emprunt, l’opération peut servir à diversifier son patrimoine ou à préparer sa transmission. Mais entre frais de vente, fiscalité et nouvel endettement, est-elle toujours intéressante ?

Vous envisagez de passer par une SCI pour cette opération ? Découvrez les démarches et les frais à prévoir pour créer une SCI.

En résumé

  • L’OBO immobilier repose sur la vente d’un bien à une société contrôlée par son propriétaire, qui conserve indirectement l’immeuble.

  • Le montant récupéré dépend du financement bancaire, des dettes existantes et d’un éventuel crédit-vendeur.

  • La vente entraîne des frais d’acquisition et peut générer une plus-value imposable. Le choix entre SCI à l’IR et à l’IS influence aussi la fiscalité future.

  • L’opération présente surtout un intérêt si les loyers couvrent le crédit et si les liquidités dégagées répondent à un objectif patrimonial précis.

Comment fonctionne un OBO immobilier ?

L’OBO immobilier est une opération de vente à soi-même avec effet de levier. Le propriétaire cède son immeuble à une société qu’il contrôle, laquelle finance l’acquisition grâce à un emprunt bancaire, éventuellement complété par un crédit-vendeur.

Vendre son bien immobilier à une SCI que l’on contrôle

Prenons un investisseur qui détient personnellement un immeuble locatif. Il crée une société civile immobilière (SCI) avec un autre associé, puis lui vend son immeuble.

La vente est réelle : elle nécessite un acte notarié et transfère la propriété à la SCI. L’investisseur détient désormais des parts sociales plutôt que directement l’immeuble. Les loyers sont perçus par la société.

Financer l’achat par un emprunt bancaire et un crédit-vendeur

Le financement repose généralement sur deux mécanismes.

La SCI peut d’abord contracter un emprunt bancaire, remboursé progressivement grâce aux revenus locatifs. La banque examine la valeur du bien, les loyers, les charges et les garanties proposées.

Le vendeur peut aussi accorder un crédit-vendeur : il accepte de percevoir une partie du prix ultérieurement. S’il est associé de la SCI, cette créance peut être inscrite à son compte courant d’associé. Son remboursement en principal n’est pas, en lui-même, un revenu imposable, contrairement aux intérêts éventuels. Le crédit-vendeur ne reporte toutefois pas l’imposition de la plus-value immobilière : lorsqu’elle est taxable, elle est calculée sur le prix total de cession et l’impôt est en principe payé lors de la vente, même si une partie du prix sera encaissée plus tard.

Combien de liquidités peut-on récupérer avec un OBO immobilier ?

Le capital immédiatement disponible dépend notamment du financement bancaire, d’un éventuel crédit-vendeur et des sommes dues lors de la cession.

Calculer le capital réellement disponible après la vente

Prenons un immeuble locatif estimé à 600 000 €, détenu par un particulier et libre de tout crédit.

Opération

Montant

Prix de vente à la SCI

600 000 €

Emprunt bancaire de la SCI

420 000 €

Crédit-vendeur

180 000 €

Somme immédiatement versée au propriétaire

420 000 €

Créance restant à percevoir

180 000 €

Exemple fictif, hors frais d’acquisition, fiscalité de cession et éventuels frais à la charge du vendeur. Les frais supportés par la SCI nécessitent un financement complémentaire, non intégré dans cet exemple.

Les 180 000 € de crédit-vendeur restent à percevoir. Si le bien était encore financé par un emprunt, le remboursement du capital restant dû réduirait également les liquidités disponibles. La part librement réinvestissable peut aussi être réduite si la banque exige le nantissement d’une partie des liquidités, c’est-à-dire leur affectation en garantie du prêt.

Pour une vente de 600 000 euros à une SCI, 420 000 euros sont versés grâce à l’emprunt bancaire et 180 000 euros restent dus au titre du crédit-vendeur, avant fiscalité et frais.

Vérifier si les loyers peuvent rembourser le nouveau crédit

La viabilité de l’OBO dépend de la trésorerie de la SCI. Les loyers doivent couvrir les charges, les échéances bancaires et, le cas échéant, les remboursements du crédit-vendeur.

Reprenons notre exemple avec des hypothèses annuelles :

Flux annuel

Montant

Loyers encaissés

42 000 €

Charges, travaux courants et provision pour vacance locative

- 9 000 €

Annuités du crédit bancaire, assurance comprise

- 30 000 €

Trésorerie restante

3 000 €

Simulation illustrative avant fiscalité, remboursement du crédit-vendeur et dépenses exceptionnelles. L’annuité est une hypothèse de calcul, non une offre bancaire.

La SCI dispose ici de 3 000 € par an avant impôts et remboursement de la créance du vendeur. Cette marge reste faible : une vacance locative supérieure aux prévisions pourrait suffire à l'absorber. Ces 3 000 € ne correspondent pas au bénéfice imposable : le remboursement du capital emprunté n’est pas une charge fiscalement déductible. Dans une SCI à l’IR louant nu, les associés peuvent être imposés sur leur quote-part du résultat même si les loyers servent à rembourser le prêt et qu’aucune somme ne leur est versée.

Trésorerie annuelle illustrative de la SCI : 42 000 euros de loyers moins 9 000 euros de charges et provisions et 30 000 euros d’annuités, soit 3 000 euros avant impôt, crédit-vendeur et dépenses exceptionnelles.

Quels sont les frais et la fiscalité d’un OBO immobilier ?

L’OBO entraîne les coûts d’une vente immobilière classique, auxquels s’ajoutent éventuellement les frais de constitution de la société et de financement.

Frais de notaire et imposition de la plus-value

La SCI doit payer les droits de mutation, les émoluments du notaire et les frais de formalités. Dans l’ancien, ces frais d’acquisition représentent généralement 7 à 8 % du prix de vente, soit 42 000 à 48 000 € pour l’immeuble de 600 000 € de notre exemple. Ils s’ajoutent au prix d’achat et doivent être financés par la SCI. Cette fourchette reste indicative : le coût dépend notamment du département et doit être chiffré par le notaire. Depuis le 1er avril 2025 et jusqu’au 31 mars 2028, les départements peuvent relever leur part des droits de mutation jusqu’à 5 %.

Le vendeur peut également être imposé sur sa plus-value immobilière. Pour un particulier résident fiscal français, les taux de droit commun sont de 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, hors surtaxe éventuelle.

Les abattements pour durée de détention conduisent à une exonération après 22 ans pour l’IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Une plus-value fortement imposée peut donc réduire sensiblement l’intérêt de l’opération. Si le bien est loué meublé, le statut du vendeur et le régime applicable doivent être vérifiés. En LMNP au réel, les amortissements admis en déduction peuvent augmenter la plus-value taxable pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, sauf exceptions prévues par la loi.

SCI à l’IR ou à l’IS : quelles sont les conséquences fiscales ?

Le régime fiscal de la SCI influence les revenus pendant la détention et l’imposition lors d’une future revente.

SCI à l’IR

SCI à l’IS

Revenus imposés chez les associés selon les règles applicables

Bénéfices imposés au niveau de la société

Pas d’amortissement fiscal du bâtiment en location nue classique

Amortissement fiscal du bâtiment possible, hors terrain

Régime des plus-values immobilières des particuliers pour les associés concernés

Plus-value calculée à partir de la valeur nette comptable

À l’IS, les amortissements peuvent réduire le bénéfice imposable pendant la détention, mais augmenter le résultat taxable lors de la revente. Une distribution ultérieure des bénéfices peut également être imposée chez les associés.

À l’IR, la durée de détention retenue pour les abattements sur la plus-value lors d'une revente par la SCI repart de la date d’acquisition du bien par celle-ci.

L’OBO permet-il de réduire l’IFI ?

Pas dans tous les cas. L’article 973, II du Code général des impôts limite la prise en compte de certaines dettes contractées par une société contrôlée pour racheter un immeuble à son associé, y compris lorsqu'elles prennent la forme d'un crédit-vendeur (BOFiP, BOI-PAT-IFI-20-30-30).

Cette restriction peut toutefois être écartée dans certains cas, notamment si le contribuable démontre que le prêt n'a pas été contracté dans un objectif principalement fiscal.

Le recours à l’emprunt ne suffit donc pas, à lui seul, à réduire le patrimoine taxable à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Quels avantages patrimoniaux peut-on attendre d’un OBO immobilier ?

Dégager du capital pour diversifier ses placements

Un OBO peut permettre à un propriétaire dont le patrimoine est fortement concentré dans l’immobilier de financer d’autres projets ou investissements.

Si les liquidités servent à financer d’autres placements, leur rendement net espéré doit être comparé au coût du crédit et aux frais de l’OBO, en tenant compte des risques pris.

Préparer la transmission du patrimoine immobilier

La SCI permet d'organiser la transmission de parts sociales aux enfants, notamment par donation ou démembrement de propriété, qui consiste à séparer l'usufruit et la nue-propriété.

L’endettement peut diminuer la valeur économique des parts transmises, sous réserve d’une valorisation justifiable. Mais une créance détenue par le vendeur sur la SCI reste dans son patrimoine et, en principe, dans sa succession si elle n’est pas remboursée ou transmise.

Quels sont les risques et les conditions à respecter pour réaliser un OBO immobilier ?

Deux risques méritent une attention particulière : la remise en cause des conditions de vente et l'incapacité de la société à supporter son endettement.

Une vente réelle, à un prix justifiable

Le prix doit correspondre à la valeur de marché du bien. La vente doit ensuite être réalisée selon les conditions prévues, notamment pour le paiement du prix.

Un prix artificiel, une vente fictive ou une opération abusive peuvent entraîner une remise en cause fiscale. L’OBO n’est toutefois pas abusif par nature : ses motivations économiques et patrimoniales comptent dans l’analyse.

Endettement, garanties et responsabilité des associés

Une baisse des loyers, des travaux importants ou un coût de financement excessif peuvent fragiliser la SCI.

Les associés répondent indéfiniment des dettes sociales, à proportion de leurs parts. Les créanciers doivent cependant avoir préalablement et vainement poursuivi la société, conformément aux articles 1857 et 1858 du Code civil.

Si la banque demande une garantie personnelle, les associés doivent vérifier le montant de leur engagement et les conditions dans lesquelles cette garantie peut être mise en jeu.

Quand faut-il envisager un OBO immobilier plutôt qu’une autre solution ?

L'OBO mérite surtout d'être étudié lorsque le bien génère des loyers réguliers, que la fiscalité de cession reste limitée et que les liquidités obtenues répondent à un objectif précis.

Il faut néanmoins le comparer à d’autres possibilités :

Solution

Intérêt

Contrepartie

OBO immobilier

Liquidités et conservation indirecte du bien

Frais de vente et nouvel endettement

Crédit garanti par l’immeuble

Financement sans cession

Dette et garanties bancaires

Vente à un tiers

Liquidités issues d’une vente définitive

Perte de propriété

Conservation en direct

Absence de frais de restructuration

Capital immobilisé

Donation

Organisation de la transmission

Transfert de droits et fiscalité éventuelle

Rivaria Capital accompagne les propriétaires et dirigeants dans l'analyse de leur patrimoine, la comparaison des financements et les simulations nécessaires avant d'engager une telle restructuration.

Vous envisagez de dégager des liquidités grâce à votre patrimoine immobilier ?

FAQ

Peut-on réaliser un OBO immobilier avec sa résidence principale ?

Oui, mais le financement peut être plus complexe si la SCI ne perçoit pas de loyers. Les conditions d'occupation et la fiscalité doivent également être examinées. Découvrez les particularités d'un projet consistant à acheter sa résidence principale avec sa société.

Peut-on faire un OBO immobilier si le bien est encore sous crédit ?

Oui, sous réserve de pouvoir organiser la vente et le financement. Il faut entre autres examiner le remboursement du prêt existant, les garanties et les éventuelles indemnités de remboursement anticipé. Le capital restant dû réduit généralement les sommes nettes récupérées par le vendeur.

Faut-il obligatoirement créer une nouvelle SCI pour réaliser un OBO ?

Non. Une société existante peut être utilisée si son objet social, sa situation juridique, fiscale et financière le permettent. Le montage peut également reposer sur une autre forme de société. Le choix doit être apprécié au regard du financement et des objectifs patrimoniaux.

Peut-on réaliser un OBO sans crédit-vendeur ?

Une SCI peut tout à fait financer un OBO sans crédit-vendeur, par exemple grâce à un emprunt bancaire et à ses fonds propres. Le vendeur peut alors recevoir l'intégralité du prix à la signature, sous réserve des modalités de paiement convenues, des sommes à rembourser et des prélèvements liés à la cession.

Sources

  • Congrès des notaires de France, Rapport du 121e Congrès (2025), « La réorganisation patrimoniale par le recours à un OBO immobilier » et « Les prérequis à l’OBO immobilier » ; Rapport du 122e Congrès (2026), « La vente à soi-même ».

  • BOFiP, BOI-PAT-IFI-20-30-30, « Parts ou actions de sociétés ou d’organismes : dettes contractées par la société ou l’organisme ».

  • Code général des impôts, article 973, règles relatives aux dettes prises en compte pour l’IFI.

  • Code civil, articles 1857 et 1858, responsabilité des associés de sociétés civiles.

  • Livre des procédures fiscales, articles L. 64 et L. 64 A, abus de droit fiscal.

  • Notaires de France, « Frais de notaire réduits lors de l’acquisition d’un bien dans le neuf » (mise à jour du 25 novembre 2025).

  • DGFiP — Plus-value immobilière (mise à jour du 7 juillet 2026)

  • DGFiP — Frais d'acquisition (mise à jour du 17 juillet 2026)

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