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Comment placer la trésorerie de son entreprise ?

Comment placer la trésorerie de votre entreprise ? Comparez les solutions selon leur rendement, leur liquidité, leurs risques et leur fiscalité.

Dans cet article

Placer la trésorerie de son entreprise permet de rémunérer les liquidités dont elle n’a pas besoin immédiatement. Compte à terme, fonds monétaires, compte-titres ou contrat de capitalisation : plusieurs solutions existent, avec des niveaux de risque et des conditions de disponibilité différents.

Avant de choisir, l’entreprise doit donc anticiper ses besoins de trésorerie pour ne pas immobiliser des fonds nécessaires à son activité.

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En résumé

  • Une entreprise peut placer sa trésorerie excédentaire, après avoir couvert ses dépenses prévisibles et conservé une réserve de sécurité.

  • Les comptes rémunérés permettent généralement de récupérer rapidement les fonds, tandis que les comptes à terme prévoient une échéance et peuvent pénaliser un retrait anticipé.

  • Les fonds monétaires offrent généralement une liquidité élevée, mais le capital investi n'est pas garanti.

  • Le compte-titres donne accès à plusieurs catégories de placements. Le contrat de capitalisation est également envisageable pour certaines personnes morales.

  • Un rendement plus élevé ne suffit pas à justifier un placement si l’entreprise risque de devoir récupérer son capital avant l’échéance prévue.

Quelle part de la trésorerie d’une entreprise peut-on placer ?

Une entreprise peut envisager de placer les liquidités qui restent disponibles après le financement de son activité et de ses dépenses prévisibles. Le solde de son compte bancaire ne correspond donc pas nécessairement au montant qu’elle peut investir.

Pour identifier cet excédent, le dirigeant doit anticiper les salaires, les règlements fournisseurs, les impôts, les remboursements d’emprunt et les investissements prévus.

Il doit également tenir compte du besoin en fonds de roulement (BFR), lié notamment aux stocks et aux décalages entre les paiements des fournisseurs et les encaissements des clients. Lorsqu'il est positif, ce besoin mobilise de la trésorerie. Lorsqu'il est négatif, le cycle d'exploitation génère au contraire une ressource de financement.

Exemple : une PME dispose de 200 000 € sur son compte professionnel. Elle prévoit 70 000 € de décaissements et souhaite conserver 50 000 € pour couvrir son BFR et les imprévus. Elle dispose alors de 80 000 € potentiellement plaçables, sous réserve de son prévisionnel de trésorerie.

Exemple de répartition de 200 000 € de trésorerie d’entreprise : 70 000 € de dépenses prévues, 50 000 € pour le BFR et les imprévus, et 80 000 € potentiellement plaçables, sous réserve du prévisionnel de trésorerie.

La réserve nécessaire varie selon l’activité, sa saisonnalité et la régularité des encaissements. Une somme dont l’entreprise aura besoin dans six mois ne peut pas être placée dans les mêmes conditions qu’une réserve disponible pendant plusieurs années.

Quels placements sont accessibles à une entreprise ?

Comptes rémunérés et comptes à terme

Un compte professionnel rémunéré verse des intérêts sur les sommes déposées, selon les conditions proposées par la banque. Les fonds peuvent généralement être mobilisés rapidement, mais le taux de rémunération et les éventuels plafonds varient selon l’offre.

Le compte à terme (CAT) consiste à déposer une somme auprès d’une banque pour une durée convenue à l’ouverture. La rémunération peut être fixe, progressive ou variable. Avec un taux fixe, les intérêts peuvent être calculés à l’avance. Un retrait avant l’échéance peut toutefois réduire la rémunération et nécessiter un préavis, selon les conditions du contrat. Il faut donc vérifier quand l’argent pourra effectivement être récupéré.

Fonds monétaires et placements obligataires

Les fonds monétaires investissent principalement dans des instruments de dette de courte durée, afin de rechercher une rémunération proche des taux du marché monétaire.

Les fonds monétaires offrent généralement une liquidité élevée. En cas de tensions exceptionnelles sur les marchés, les rachats peuvent néanmoins être temporairement limités ou suspendus. Leur valeur peut également fluctuer. Le capital investi n’est pas garanti (article 36 du règlement (UE) 2017/1131) et le rendement évolue notamment avec les taux d’intérêt.

Une entreprise peut également acheter des obligations ou investir dans des fonds obligataires. Dans les deux cas, elle s’expose à un risque de perte lié notamment aux taux d’intérêt et à la solidité des émetteurs.

Pour une obligation détenue en direct, une revente avant l’échéance peut entraîner une perte. Un fonds obligataire n’offre pas, du seul fait de son horizon de placement, de garantie de récupérer le capital investi.

Compte-titres et contrat de capitalisation

Le compte-titres ordinaire (CTO) permet à une société de détenir différents investissements financiers : obligations, fonds monétaires, fonds obligataires, actions ou autres titres.

Il ne s’agit pas d’un placement en lui-même, mais d’une enveloppe. Son rendement, sa liquidité et son niveau de risque dépendent des actifs sélectionnés.

Un compte-titres peut accueillir notamment des fonds monétaires, des obligations et des actions. Le rendement, le risque et la disponibilité dépendent des actifs détenus.

Le contrat de capitalisation permet d’investir dans les supports proposés par un assureur. L’engagement professionnel n° 23 de France Assureurs en restreint l’accès chez ses adhérents, notamment pour les sociétés commerciales à l’IS.

Des exceptions existent pour les contrats à prime unique de certains organismes sans but lucratif et de certaines sociétés gérant leur propre patrimoine, sous conditions d’activité et de détention du capital.

Sur le fonds en euros, cet engagement prévoit de n’attribuer qu’après quatre ans la rémunération correspondant au moins aux douze premiers mois. Un rachat avant cette date réduit cette rémunération proportionnellement au montant retiré rapporté à la valeur totale du contrat. L’assureur peut appliquer un autre mécanisme si la valeur de rachat obtenue n’est pas supérieure à celle résultant de ces règles. Les conditions du contrat doivent donc être vérifiées.

Quel placement choisir selon l’horizon et le besoin de liquidité ?

Le placement doit être choisi en fonction de la date à laquelle l’entreprise pourrait avoir besoin de récupérer son argent. Plus cette échéance est proche, plus la disponibilité et la préservation du capital pèsent dans la décision.

Besoin de l’entreprise

Solutions à examiner

Point de vigilance

Fonds mobilisables rapidement

Compte rémunéré, fonds monétaires

Délai de retrait et garantie éventuelle

Somme disponible à une date connue

Compte à terme

Durée, préavis éventuel et pénalités de retrait

Réserves disponibles sur plusieurs années

Obligations ou fonds via un compte-titres ; contrat de capitalisation si éligible

Risque de perte, liquidité des actifs, frais et conditions d'accès

Le choix dépend aussi des actifs détenus : un compte-titres peut accueillir des fonds monétaires pour un besoin de court terme ou des actions dont la valeur peut davantage fluctuer.

Avant de rechercher un rendement supplémentaire, l’entreprise peut aussi comparer l’intérêt du placement avec d’autres utilisations de ses liquidités, notamment le remboursement d’un crédit ou le financement d’un projet.

Le capital placé par une entreprise est-il garanti ?

En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre notamment les comptes courants et comptes à terme des entreprises éligibles, dans la limite de 100 000 € par déposant et par établissement bancaire.

Ce plafond concerne l’ensemble des dépôts couverts auprès d’un même établissement, et non chaque compte séparément. Certaines catégories de déposants, notamment les établissements financiers et les entreprises d'assurance, sont toutefois exclues de cette garantie.

Les parts de fonds monétaires, les obligations et les autres titres ne bénéficient pas de cette garantie de remboursement du capital. La garantie des titres, plafonnée à 70 000 € par client et par établissement, peut intervenir lorsque les titres ont disparu et que l'établissement défaillant ne peut ni les restituer ni les rembourser. Elle ne couvre pas les pertes liées aux fluctuations des marchés (FGDR, garantie des titres).

Quelle fiscalité s’applique aux placements de trésorerie d’entreprise ?

Pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), les revenus des placements sont en principe pris en compte dans le bénéfice imposable. Leur traitement exact dépend du support détenu.

Le taux normal de l'IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices par période de douze mois peut s'appliquer aux PME dont le chiffre d'affaires n'excède pas 10 millions d'euros, avec un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, directement ou indirectement selon les conditions légales. Au-delà de cette fraction de bénéfice, le taux normal s'applique (Service Public, impôt sur les sociétés).

Exemple simplifié : une société place 80 000 € à un taux hypothétique de 3 % brut annuel. Elle perçoit 2 400 € d’intérêts en un an. Si ces intérêts sont entièrement imposés à 25 %, ils représentent 1 800 € après IS, hors frais éventuels.

Pour une société à l’IS, l’impôt n’attend pas toujours la vente ou le retrait. Les variations de valeur des parts de fonds monétaires ou obligataires relevant de l’article 209-0 A du Code général des impôts sont en principe intégrées au résultat fiscal à chaque clôture, même sans vente. Une hausse peut donc entraîner de l’IS alors qu’aucun gain n’a été encaissé.

Les contrats de capitalisation peuvent également entraîner une imposition annuelle sans rachat lorsqu’ils relèvent de l’article 238 septies E du Code général des impôts. Les règles de calcul sont différentes de celles des fonds détenus directement.

Le traitement fiscal doit donc être examiné avec l’expert-comptable, notamment pour les entreprises relevant de l’impôt sur le revenu.

Comment mettre en place un placement au nom de sa société ?

La démarche commence par le choix d’un établissement et la vérification de l’éligibilité de l’entreprise au placement envisagé.

L’établissement peut notamment demander les statuts, un extrait d’immatriculation, l’identité du représentant légal et des informations sur les bénéficiaires effectifs.

Avant de transférer les fonds, l’entreprise doit vérifier les frais, les conditions de retrait et les garanties éventuelles dans les documents contractuels. Le placement doit ensuite être intégré au suivi de trésorerie et à la comptabilité de la société.

Placer sa trésorerie sans fragiliser son entreprise

Avant de placer ses excédents de trésorerie, le dirigeant doit pouvoir répondre à trois questions : de quelle somme peut-il se passer, pendant combien de temps et que se passerait-il s’il devait récupérer cet argent plus tôt ?

Rivaria Capital accompagne les dirigeants dans l'analyse de leur trésorerie disponible et la comparaison des solutions adaptées à leurs objectifs.

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FAQ

Une entreprise peut-elle ouvrir un Livret A ?

Le Livret A n’est pas accessible aux sociétés commerciales ordinaires comme les SAS et les SARL. Certaines personnes morales peuvent toutefois en bénéficier, notamment les associations visées à l’article L. 221-3 du Code monétaire et financier, les organismes HLM et les syndicats de copropriétaires.

Faut-il créer une holding pour placer sa trésorerie ?

Non. Une société opérationnelle peut effectuer des placements directement, sans créer de holding. Cette dernière peut répondre à des objectifs plus larges, notamment l’organisation d’un groupe, la détention de participations ou le réinvestissement de capitaux. Sa création ne se justifie pas uniquement par la recherche d’un placement rémunéré.

Le dirigeant peut-il placer la trésorerie de sa société sur son compte personnel ?

Non, pas librement. L’argent appartient à la société, dont le patrimoine est distinct de celui du dirigeant. Pour utiliser personnellement ces fonds, il faut une opération juridiquement et fiscalement appropriée, comme une rémunération ou une distribution régulière de dividendes.

Sources

  • Code monétaire et financier, article L. 221-3.

  • Code général des impôts, articles 209-0 A, 219 et 238 septies E.

  • Ministère de l’Économie, fonctionnement des comptes à terme.

  • Autorité des marchés financiers (AMF), fonds monétaires et risques des placements collectifs.

  • Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), garantie des dépôts bancaires et des titres.

  • France Assureurs, Recueil des engagements à caractère déontologique, engagement n° 23.

  • Service-Public.fr, impôt sur les sociétés : taux et conditions d’application.

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