Contrairement à l’assurance-vie, le contrat de capitalisation entre dans l’actif successoral au décès du souscripteur.
Il est soumis aux droits de succession classiques, mais conserve son antériorité fiscale, ce qui en fait un outil stratégique d’optimisation patrimoniale lorsqu’il est correctement structuré.
Il ne permet pas une transmission "hors succession", mais il offre des leviers puissants via :
le démembrement de propriété (article 669 du CGI),
la donation anticipée,
la conservation de l’historique fiscal,
son utilisation en personne morale.
Bien utilisé, il complète l’assurance-vie. Mal structuré, il perd tout intérêt successoral.
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En résumé
Le contrat de capitalisation entre dans la masse successorale.
Il ne comporte pas de clause bénéficiaire.
Il est soumis aux droits de succession classiques.
Les héritiers conservent l’antériorité fiscale.
Les plus-values latentes ne sont pas imposées au décès.
Il peut être transmis par donation, y compris en démembrement.
Il est particulièrement pertinent dans des stratégies patrimoniales avancées.
Qu’est-ce qu’un contrat de capitalisation ?
Le contrat de capitalisation est un produit d’épargne financière proche de l’assurance-vie dans son fonctionnement, mais différent dans son traitement juridique au décès.
Il permet d’investir un capital sur différents supports (fonds en euros, unités de compte, supports immobiliers ou obligataires) tout en bénéficiant d’une fiscalité différée tant qu’aucun rachat n’est effectué.
Contrairement à l’assurance-vie, il ne comporte pas de clause bénéficiaire. Au décès du souscripteur, il est intégré à l’actif successoral et transmis aux héritiers.
Sur le plan fiscal, les règles applicables aux rachats sont similaires à celles de l’assurance-vie, telles que définies par le Code général des impôts et détaillées sur Service-Public.fr.
Le contrat de capitalisation peut être souscrit par une personne physique ou par une personne morale, ce qui élargit considérablement ses usages patrimoniaux.
Que devient un contrat de capitalisation au décès ?
Intégration à l’actif successoral
Au décès du souscripteur, le contrat de capitalisation est intégré dans la succession, au même titre qu’un portefeuille titres.
Il est transmis :
aux héritiers légaux,
ou aux bénéficiaires désignés par testament.
Contrairement à l’assurance-vie, il n’existe aucune clause bénéficiaire.
Pas de dénouement automatique
Le contrat ne prend pas fin. Les héritiers deviennent titulaires du contrat et conservent :
la date d’ouverture,
l’antériorité fiscale,
le régime fiscal applicable aux rachats futurs.
C’est un avantage clé : la fiscalité des gains est différée.
Fiscalité successorale : que paient réellement les héritiers ?
1. Droits de succession
La valeur du contrat au jour du décès est intégrée à l’actif successoral.
Elle bénéficie des abattements légaux :
100 000 € par parent et par enfant,
puis application du barème progressif en ligne directe.
Aucun abattement spécifique comme celui de 152 500 € applicable à l’assurance-vie.
2. Fiscalité des gains latents
Les plus-values latentes ne sont pas imposées au décès. L’imposition intervient uniquement en cas de rachat ultérieur. Seule la quote-part d’intérêts comprise dans le rachat est taxable.
Selon l’ancienneté du contrat :
Imposition au barème de l’impôt sur le revenu,
avec prélèvements sociaux applicables sur la part d’intérêts.
Cela permet un report d’imposition potentiellement long.
Contrat de capitalisation ou assurance-vie : lequel choisir pour la succession ?
Situation | Outil le plus adapté | Pourquoi |
Transmission hors succession | Assurance-vie | Clause bénéficiaire |
Optimisation via démembrement | Capitalisation | Valorisation fiscale art. 669 CGI |
Transmission à une société | Capitalisation | L’assurance-vie est réservée aux personnes physiques |
Conservation antériorité fiscale | Capitalisation | Pas de dénouement |
Transmission rapide avec abattement élevé | Assurance-vie | - 152 500 € par bénéficiaire uniquement pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) - Après 70 ans, on bascule sur le régime de l’article 757 B du CGI avec un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), et seules les primes sont taxables, pas les intérêts. |
Ce tableau illustre pourquoi le contrat de capitalisation n’est pas un substitut à l’assurance-vie, mais un complément stratégique.
Exemples chiffrés de succession et donation d’un contrat de capitalisation
Scénario 1 : décès sans stratégie anticipée
Contrat de 300 000 €
Deux enfants
Chaque enfant reçoit 150 000 €
Après abattement de 100 000 €
Base taxable = 50 000 € par enfant
Les héritiers conservent l’antériorité fiscale.
Scénario 2 : donation avec démembrement à 65 ans
Contrat de 400 000 €
Valeur fiscale de la nue-propriété à 65 ans : 60 % (article 669 CGI)
Base taxable = 240 000 €
120 000 € par enfant
Après abattement : 20 000 € taxable chacun
Au décès : reconstitution automatique de la pleine propriété sans droits supplémentaires.
Effet levier important.
La note de Tanguy
"En pratique, le contrat de capitalisation devient extrêmement puissant lorsqu’il est combiné avec un démembrement de propriété. Cela permet de transmettre progressivement tout en conservant la maîtrise des revenus. C’est un outil que nous utilisons souvent dans des stratégies familiales à long terme."
Transmission anticipée : donation et démembrement
Le contrat peut être transmis :
en pleine propriété,
en donation-partage.
Le démembrement permet :
réduction de la base taxable,
conservation des revenus,
transmission progressive intergénérationnelle.
Peu d’outils financiers offrent cette souplesse.
Utilisations patrimoniales avancées
Le contrat est utilisé :
dans des holdings familiales,
pour loger une trésorerie d’entreprise,
dans certaines stratégies IFI,
en complément d’assurance-vie,
pour structurer une rente viagère.
Il peut être investi en fonds euros ou unités de compte.
Exemple chiffré de donation avec démembrement
Un couple de 70 ans détient un contrat de capitalisation de 600 000 €.
Ils donnent la nue-propriété à leurs deux enfants tout en conservant l’usufruit.
La valorisation fiscale de la nue-propriété à cet âge est de 70 %.
Base taxable = 420 000 €.
Après application des abattements (100 000 € par parent et par enfant), la fiscalité est fortement réduite.
Au décès, la pleine propriété est reconstituée sans droits supplémentaires.
La note de Tanguy
"Contrairement à l’assurance-vie, le contrat de capitalisation n’est pas un outil d’optimisation successorale automatique. Il doit être intégré dans une stratégie globale. Mal utilisé, il perd son intérêt. Bien structuré, il devient un levier puissant de transmission progressive."
Contrat de capitalisation vs assurance-vie : avantages et limites
Bien que leur fonctionnement financier soit proche, leurs conséquences civiles et successorales diffèrent profondément.
Critère | Contrat de capitalisation | Assurance-vie |
Intégration à la succession | Oui, intégré à l’actif successoral | Non, transmission hors succession (sous conditions) |
Clause bénéficiaire | Non | Oui |
Abattement spécifique au décès | Aucun | 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (art. 990 I CGI) |
Fiscalité des gains au décès | Aucune imposition immédiate | Aucune imposition sur les gains |
Antériorité fiscale conservée | Oui | Non (dénouement au décès) |
Donation possible | Oui, y compris en démembrement | Oui, mais plus complexe |
Souscription par personne morale | Oui | Non (réservée aux personnes physiques) |
Outil principal | Optimisation patrimoniale structurée | Transmission ciblée et protection du bénéficiaire |
Ce qu’il faut retenir
Le contrat de capitalisation n’est pas un substitut à l’assurance-vie. L’assurance-vie est généralement plus efficace pour transmettre rapidement un capital avec un abattement spécifique important.
Le contrat de capitalisation devient pertinent lorsque l’objectif est :
d’organiser une transmission progressive,
de combiner démembrement et fiscalité,
de loger une trésorerie de société,
ou de conserver l’antériorité fiscale au sein de la famille.
Dans une stratégie patrimoniale avancée, les deux outils sont complémentaires plutôt que concurrents.
Erreurs fréquentes à éviter
Penser qu’il permet une transmission hors succession
Oublier son intégration dans la masse successorale
Confondre fiscalité au décès et fiscalité au rachat
Négliger le démembrement comme outil d’optimisation
L’utiliser seul sans coordination avec assurance-vie
Conclusion
La succession d’un contrat de capitalisation obéit aux règles civiles classiques. Il entre dans l’actif successoral et supporte les droits de succession selon le barème fiscal en vigueur.
Cependant, sa capacité à conserver son antériorité fiscale et à être transmis par donation en fait un outil stratégique dans de nombreuses stratégies patrimoniales.
Utilisé seul, il ne remplace pas l’assurance-vie.
Intégré dans une approche globale de gestion de patrimoine, il devient un levier puissant d’optimisation et de transmission.
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FAQ
Qui hérite d’un contrat de capitalisation ?
Les héritiers légaux ou les bénéficiaires désignés par testament.
Le contrat n’est pas dénoué.
Les gains sont-ils imposés au décès ?
Non. L’imposition intervient uniquement en cas de rachat.
Est-il possible de donner un contrat de capitalisation ?
Oui. En pleine propriété ou en démembrement.
Est-il plus avantageux qu’une assurance-vie ?
Non par principe. Il est complémentaire et pertinent dans certaines stratégies spécifiques.

Conseiller en investissements
Passionné par l’investissement, j’ai été formé comme Ingénieur en Finance avant de devenir Conseiller en Gestion de Patrimoine.
Depuis plus de 5 ans, j’accompagne des particuliers à construire un patrimoine réellement aligné avec leur situation, leurs objectifs et leur manière de vivre.
Je suis convaincu d’une chose : un bon conseil financier doit être compréhensible, sur-mesure… et toujours guidé par l’intérêt du client, pas celui du produit.




