Préparer sa retraite n’est pas un simple “dossier à remplir” au dernier moment. C’est une décision patrimoniale et personnelle, qui se joue souvent sur trois points : la date de départ, le niveau de revenus et la marge de manœuvre (trimestres, complémentaire, épargne).
Le risque le plus fréquent n’est pas de “mal comprendre” la retraite, mais de découvrir trop tard une anomalie sur le relevé de carrière, un manque de trimestres, ou un écart durable entre le revenu souhaité et la pension attendue.
Ce guide vous donne une méthode complète, avec des repères 2026 (âge légal, trimestres), des tableaux de simulation, et une démarche très concrète pour faire le point, consulter votre relevé, estimer le montant de votre retraite et construire des solutions d’épargne pour épargner à long terme et faire fructifier votre épargne.
Pour démarrer par l’essentiel (vos droits, vos trimestres, votre horizon) : testez notre simulateur de droit à la retraite.
En résumé
Point clé | À retenir |
Âge légal (2026) | Il dépend de votre année de naissance et progresse jusqu’à 64 ans selon les générations. |
Taux plein | Avant 67 ans, il suppose d’atteindre un nombre de trimestres requis, pouvant aller jusqu’à 172 selon l’année de naissance. |
Démarche prioritaire | La première étape consiste à consulter votre relevé de carrière, puis à le corriger auprès de votre caisse si nécessaire. |
Départ incomplet | Partir à l’âge légal sans tous vos trimestres peut entraîner une décote durable sur le montant de la pension. |
Retraite complémentaire | Les régimes complémentaires (ex. Agirc-Arrco) représentent une part significative des revenus et nécessitent un suivi précis des points. |
Âges stratégiques | À 55 ans, l’objectif est de sécuriser les droits ; à 60 ans, d’arbitrer la date de départ et la stratégie globale. |
Calendrier administratif | La demande de retraite n’est pas automatique et doit être anticipée 5 à 6 mois pour éviter toute rupture de paiement. |
Dimension patrimoniale | L’épargne financière et l’immobilier permettent de compléter les pensions et de réduire la dépendance aux régimes obligatoires. |
Logique globale | Une approche patrimoniale transforme la retraite en projet choisi, fondé sur une rente globale (pensions et patrimoine). |
Les repères 2026 pour préparer sa retraite
Âge légal et taux plein : comprendre les deux repères clés de départ à la retraite
En France, deux notions distinctes déterminent les conditions de départ à la retraite : l’âge légal et le taux plein.
L’âge légal correspond à l’âge à partir duquel il est possible de demander sa retraite, même si tous les trimestres ne sont pas réunis.
Le taux plein, quant à lui, dépend du nombre de trimestres validés ou, à défaut, est automatiquement accordé à 67 ans, quel que soit le parcours.
En 2026, ces paramètres varient selon l’année de naissance, dans le cadre de la réforme des retraites issue de la loi du 14 avril 2023, qui prévoit une montée progressive de l’âge légal.
Tableau de synthèse – Âge légal et trimestres requis (références 2026)
Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis pour le taux plein |
1962 | 62 ans* | 169 |
1963 | 62 ans* | 170 |
1964 | 63 ans | 171 |
1965 | 63 ans et 3 mois | 172 |
1966 | 63 ans et 6 mois | 172 |
1967 | 63 ans et 9 mois | 172 |
À partir de 1968 | 64 ans | 172 |
* générations antérieures au relèvement progressif de l’âge légal.
Lecture du tableau
L’âge légal indique l’âge minimum pour déposer une demande de retraite.
Le taux plein est atteint soit lorsque le nombre de trimestres requis est validé, soit automatiquement à 67 ans, même en cas de carrière incomplète.
Point de vigilance
L’âge légal et le nombre de trimestres requis ne sont pas identiques pour toutes les générations. Les repères ci-dessus donnent une vision synthétique, mais la référence la plus fiable reste une vérification personnalisée via l’outil « Mon âge de départ » de l’Assurance retraite, qui tient compte de votre année de naissance et des règles en vigueur.
La note de Tanguy
"L’erreur la plus coûteuse n’est pas “partir trop tôt” : c’est croire que vous êtes à taux plein sans avoir vérifié deux chiffres : votre nombre de trimestres validés et le nombre exigé pour votre génération. Ce contrôle prend 30 minutes ; le rater peut coûter plusieurs années de pension minorée."
Faire le point sur ses droits à la retraite : relevé de carrière, points, mises à jour
Où consulter votre relevé ?
En pratique, vous devez suivre deux “unités” :
les trimestres (surtout pour la retraite de base),
les points (surtout pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco si vous êtes salarié du privé).
Où consulter :
Assurance retraite : service “Consulter ma carrière” (année par année) et téléchargement du relevé.
Agirc-Arrco : relevé de carrière et relevé de points (suivi de vos points).
Info-retraite : portail inter-régimes (unifie l’accès et facilite la demande de retraite).
Le relevé inter-régimes est un excellent point d’entrée, mais quand il y a une anomalie, la correction se fait régime par régime (base et complémentaire ne se corrigent pas au même endroit).
Les anomalies fréquentes
Ce qui manque le plus souvent :
emplois courts (intérim, CDD) ;
débuts de carrière ;
périodes de chômage ;
changement de statut (salarié ↔ indépendant) ;
expatriation / détachement.
Documents à conserver tout au long de sa carrière :
bulletins de salaire clés ;
attestations France Travail ;
attestations d’indemnités journalières si nécessaire ;
justificatifs de service national le cas échéant.
La note de Tanguy
"La façon la plus efficace de vérifier une carrière n’est pas de lire 40 pages : c’est de lister vos années de 18 ans à aujourd’hui et de cocher, année par année, “employeur + statut + preuve”. Les “trous” sautent aux yeux, et ce sont eux qui créent des trimestres manquants."
Décote, surcote : ce que valent “quelques trimestres” en euros
Un déficit de trimestres, même limité, peut entraîner une minoration durable de la pension. La simulation ci-dessous illustre l’ordre de grandeur de cet impact.
La décote : principe et taux
Si vous partez avant d’avoir le taux plein, la pension de base peut subir une décote.
Un repère largement repris est une minoration de 1,25 % par trimestre manquant (dans certains régimes, et à vérifier selon votre statut exact).
Tableau de simulation : impact d’un déficit de trimestres
Hypothèse de simulation :
Pension “cible” à taux plein : 1 600 € net/mois (base + complémentaire)
Départ avec trimestres manquants avant 67 ans
Minoration indicative de 1,25 % par trimestre manquant sur la partie concernée (ordre de grandeur).
Trimestres manquants | Minoration indicative | Pension estimée | Écart mensuel |
0 | 0 % | 1 600 € | 0 € |
2 | 2,5 % | 1 560 € | -40 € |
4 | 5 % | 1 520 € | -80 € |
8 | 10 % | 1 440 € | -160 € |
12 | 15 % | 1 360 € | -240 € |
16 | 20 % | 1 280 € | -320 € |
Ce tableau ne remplace pas un calcul officiel (car la pension réelle dépend du salaire moyen, de la proratisation, des règles du régime complémentaire), mais il répond à votre demande : visualiser pourquoi “quelques trimestres” peuvent créer un écart durable. On voit comment l’ordre de grandeur des 300 € apparaît autour de 16 trimestres dans cet exemple.
La note de Tanguy
“Un écart qui paraît marginal à court terme peut représenter une perte significative sur la durée totale de perception de la pension. Par exemple : pour "travailler 8 mois de plus", je conseille toujours de convertir en “revenu à vie” : 200 € de moins par mois, c’est 2 400 € par an, et cela dure souvent 20 à 30 ans. Le calcul change radicalement.”
Comment bien préparer sa retraite : les âges clés
La préparation de la retraite s’inscrit dans une logique progressive : les priorités évoluent avec l’âge, passant de la sécurisation des droits à la prise de décision.
Le tableau ci-dessous synthétise, par étape clé, les objectifs et actions à mener pour structurer cette démarche.
Âge | Objectif principal | Actions prioritaires |
Avant 55 ans | Poser les fondations | Comprendre ses régimes de retraite (base et complémentaire), suivre ponctuellement son relevé de carrière, commencer à épargner à long terme, structurer une première réflexion patrimoniale (épargne, immobilier, capacité d’effort). |
55 ans | Sécuriser les droits et préserver les options |
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60 ans | Arbitrer et organiser le départ |
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Démarches de départ : l’essentiel à ne pas rater
La demande de retraite n’est pas automatique. Pour éviter tout décalage de paiement, elle doit être anticipée plusieurs mois avant la date de départ retenue.
Les démarches sont aujourd’hui largement simplifiées grâce aux portails officiels, mais un minimum de préparation reste indispensable.
Checklist – Dépôt de la demande de retraite
Identifier la date de départ retenue
Déposer la demande de retraite en ligne (Info-retraite ou Assurance retraite)Vérifier la transmission de la demande à l’ensemble des régimes concernés
Anticiper un délai de 5 à 6 mois avant la date de départ
Télécharger et conserver les confirmations et pièces justificatives
Contrôler la notification de pension et la date du premier paiement
Ce que beaucoup sous-estiment : la retraite “choisie” et l’indépendance financière (FIRE)
Préparer sa retraite ne signifie plus seulement “atteindre l’âge légal et toucher sa pension”. Une tendance de fond se renforce : l’indépendance financière, souvent associée au mouvement FIRE (Financial Independence, Retire Early).
Cette approche, popularisée chez les générations X tardive et Y (millennials), se diffuse aussi chez les cadres dirigeants et les professions libérales : l’idée n’est pas de s’extraire du système, mais de construire des revenus patrimoniaux suffisants pour choisir le moment où l’on ralentit, où l’on change de rythme, voire où l’on s’arrête.
Dans cette logique, la pension future devient un socle (utile, mais non exclusif), et la question centrale devient : à partir de quelle rente votre niveau de vie est-il sécurisé, même si vous décidez de ne pas attendre la liquidation complète de tous vos droits ?
La note de Tanguy
"La meilleure manière de rendre cette idée concrète est de raisonner “en budget” : charges fixes + style de vie + marge. Ensuite, seulement ensuite, on regarde le montant des pensions et on calcule l’écart à couvrir par une rente patrimoniale. Cela évite les plans d’épargne “au hasard”."
Produits d’épargne : construire une rente et faire fructifier votre épargne
Préparer sa retraite ne consiste pas à empiler des produits, mais à organiser des sources de revenus complémentaires capables de prendre le relais, partiellement ou totalement, des pensions futures.
Pour un gestionnaire de patrimoine, l’enjeu n’est pas de promouvoir un outil unique, mais de combiner intelligemment plusieurs approches patrimoniales, en fonction du temps disponible, du niveau de risque accepté et des objectifs de rente.
Les objectifs patrimoniaux à long terme
Avant de parler de supports, toute stratégie de retraite repose sur quelques principes structurants :
épargner à long terme en lissant l’effort dans le temps ;
rechercher une performance cohérente avec l’horizon (et non maximale à court terme) ;sécuriser progressivement le capital à l’approche du départ ;
organiser des modalités de sortie flexibles (revenus réguliers, capital, ou combinaison des deux).
Panorama des principaux leviers patrimoniaux
Différents choix sont possibles pour investir pour sa retraite :
Leviers | Rôle dans la stratégie retraite | Points de vigilance |
Plan d’Épargne Retraite (PER) | Outil de capitalisation long terme avec levier fiscal à l’entrée ; pertinent pour préparer une rente future | Blocage des fonds jusqu’à la retraite (hors cas de déblocage), fiscalité à la sortie à anticiper |
Pilier de la retraite patrimoniale : souplesse, fiscalité, transmission, revenus programmés | Allocation à piloter dans le temps, arbitrages nécessaires | |
Recherche de performance sur le long terme, complément de capitalisation | Volatilité, fiscalité à intégrer dans les projections | |
Génération de revenus réguliers (loyers), protection contre l’inflation | Liquidité, gestion, fiscalité, concentration du risque |
Selon les objectifs, l’horizon et la fiscalité, certains outils sont plus adaptés que d’autres. Le choix entre assurance-vie ou plan d’épargne retraite doit s’inscrire dans une stratégie globale, en cohérence avec la date de départ et le niveau de rente recherché.
Conclusion : décider avant de subir
Savoir comment préparer sa retraite, c’est reprendre la main sur des décisions structurantes : quand partir, avec quels revenus et quelle liberté.
Les outils existent, les informations sont publiques, mais la différence se fait dans l’anticipation et la cohérence des choix. Plus tôt vous agissez, plus vous transformez des contraintes en options.
Prenez rendez-vous avec Rivaria Capital pour un diagnostic personnalisé et une stratégie retraite alignée avec vos objectifs.
FAQ
Quand faut-il commencer à préparer sa retraite ?
Dès que possible, idéalement avant 40 ans, avec des jalons clairs à 55 et 60 ans.
Quelle retraite pour un salaire de 2000 € net par mois ?
Environ 1 400 à 1 500 € net, selon carrière et âge de départ.
Quelles sont les démarches à faire pour préparer sa retraite ?
Consulter le relevé, vérifier les trimestres, demander un entretien, estimer le montant, choisir les produits d’épargne.
Pourquoi faut-il demander sa retraite 6 mois avant ?
Pour éviter les retards de paiement et coordonner les caisses.
Quelle sera ma retraite avec un salaire de 1500 euros ?
Autour de 1 050 à 1 150 € net, selon la situation.
Quel est le mois le plus avantageux pour partir à la retraite ?
Souvent la fin de trimestre ou d’année, après simulation.
Quel est le montant d'une retraite confortable en 2026 ?
Environ 1 800 à 2 000 € net par mois, selon le lieu de vie et les charges.
Conseiller en investissements
Passionné par l’investissement, j’ai été formé comme Ingénieur en Finance avant de devenir Conseiller en Gestion de Patrimoine.
Depuis plus de 5 ans, j’accompagne des particuliers à construire un patrimoine réellement aligné avec leur situation, leurs objectifs et leur manière de vivre.
Je suis convaincu d’une chose : un bon conseil financier doit être compréhensible, sur-mesure… et toujours guidé par l’intérêt du client, pas celui du produit.





