Assurance vie ou plan d’épargne retraite ? La question revient systématiquement dès lors qu’il s’agit de constituer une épargne sur le long terme ou de préparer un départ à la retraite.
Entre l’argument fiscal du PER, la souplesse de l’assurance vie, les règles issues de la loi PACTE et les multiples cas particuliers (décès, transmission, projets de vie), le choix devient vite confus. Beaucoup finissent par arbitrer sur un seul critère, souvent fiscal, au risque de créer des contraintes durables.
En réalité, assurance vie et PER ne répondent pas aux mêmes logiques. L’enjeu n’est pas de désigner un “meilleur produit”, mais de comprendre dans quel contexte chaque enveloppe est pertinente, et comment elles peuvent se compléter.
C’est cette lecture patrimoniale, loin des comparaisons simplistes, qui permet d’éviter les erreurs difficiles à corriger avec le temps.
La question du choix entre assurance vie et PER s’inscrit plus largement dans une réflexion sur les enveloppes d’investissement réellement adaptées aux objectifs patrimoniaux actuels.
Ces arbitrages gagnent à être analysés dans une vision globale du patrimoine. Un conseil en patrimoine gratuit permet souvent de clarifier la situation, sans engagement.
En résumé
L’assurance vie et le PER répondent à des objectifs différents
Le PER privilégie l’avantage fiscal à l’entrée
L’assurance vie offre une souplesse supérieure
La fiscalité à la sortie est déterminante
Dans la majorité des cas, les deux outils sont complémentaires
Panorama de l’assurance vie et du PER en France
Ces chiffres illustrent un point essentiel : le PER s’est imposé rapidement, mais il reste très loin derrière l’assurance vie en termes de volumes et d’usages.
L’assurance vie demeure l’outil central de l’épargne long terme des Français, tandis que le PER répond à un objectif plus ciblé, principalement fiscal et retraite.
Indicateur clé | Assurance vie | Plan d’épargne retraite (PER) |
Encours total | Environ 2 000 milliards d’euros | Environ 120 milliards d’euros |
Nombre de titulaires | Plus de 40 millions de contrats détenus par les ménages français | Environ 11 millions de titulaires |
Dynamique récente | Collecte nette redevenue positive et soutenue en 2024–2025 | Encours en forte progression continue depuis la loi PACTE |
Objectif principal | Épargne long terme polyvalente (projets, retraite, transmission) | Préparation ciblée du départ à la retraite |
Disponibilité de l’épargne | Épargne disponible à tout moment (rachats possibles) | Épargne en principe bloquée jusqu’à la retraite (sauf cas légaux) |
Avantage fiscal dominant | Fiscalité attractive à la sortie et en cas de décès | Déduction fiscale possible à l’entrée (versements volontaires) |
Poids dans l’épargne des Français | Premier placement financier des ménages | Produit en forte croissance mais encore minoritaire |
Cadre institutionnel | Contrat d’assurance largement éprouvé | Dispositif structuré par la loi PACTE |
Sources :
France Assureurs – Données assurance vie et PER 2024–2025
ACPR – Banque de France – Situation des assureurs et collecte récente
Banque de France – Statistiques sur l’épargne financière des ménages
Insee – Détention de produits financiers par les ménages
Assurance vie ou plan d’épargne retraite : quelles différences fondamentales ?
L’assurance vie est un contrat d’assurance conçu pour constituer une épargne sur le long terme, avec une grande liberté d’utilisation : épargne de précaution, projets de vie, complément de retraite ou transmission. Découvrez notre article sur les meilleures assurances vie.
Le plan d’épargne retraite (PER), créé par la loi PACTE, est quant à lui spécifiquement orienté vers la préparation de la retraite. Son architecture vise à inciter l’épargnant à immobiliser son capital jusqu’au départ à la retraite, en contrepartie d’un avantage fiscal à l’entrée.
Sur le plan des supports, les deux enveloppes peuvent accueillir :
des fonds en euros, utilisés comme socle de stabilité,
des unités de compte, exposées aux marchés financiers.
La différence ne tient donc pas aux supports, mais à la disponibilité de l’épargne et aux règles de sortie. Là où l’assurance vie conserve une grande flexibilité, le PER introduit volontairement des contraintes.
Avantage fiscal : ce que l’on gagne… et ce que l’on reporte
L’argument central du PER repose sur l’avantage fiscal à l’entrée. Les versements volontaires peuvent, sous conditions, être déduits du revenu imposable. Cette mécanique est particulièrement attractive pour les contribuables fortement imposés.
Cependant, cet avantage n’est pas gratuit. La fiscalité est simplement déplacée dans le temps. À la sortie, les sommes récupérées sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, selon la nature des versements et le mode de sortie choisi (capital ou rente viagère).
L’assurance vie fonctionne à l’inverse. Les versements ne sont pas déductibles, mais la fiscalité à la sortie est souvent plus douce, notamment après huit ans de détention. Cette logique en fait un outil apprécié pour lisser les revenus à long terme.
Tout savoir sur la fiscalité de l’assurance vie en lisant notre article sur le sujet.
En pratique, la question n’est pas de savoir quel produit est fiscalement supérieur, mais à quel moment la fiscalité est la plus acceptable, compte tenu de la situation actuelle et future de l’épargnant.
La note de Tanguy
"L’avantage fiscal du PER est souvent surestimé. Il est pertinent dans certaines situations, mais devient pénalisant lorsqu’il enferme l’épargnant dans une stratégie rigide qu’il n’a pas anticipée. Dans la pratique, le gain fiscal immédiat masque parfois une fiscalité future plus lourde et une perte de souplesse difficile à corriger."
Souplesse, projets de vie et disponibilité de l’épargne
C’est souvent sur ce point que la différence entre assurance vie et PER devient décisive.
L’assurance vie permet de mobiliser l’épargne à tout moment, via des rachats partiels, sans clôturer le contrat. Cette souplesse la rend compatible avec de nombreux projets :
études des enfants,
création d’activité,
ou simple ajustement de trésorerie.
Le PER, en revanche, est par principe bloqué jusqu’au départ à la retraite. Des cas de déblocage anticipé existent, notamment pour l’acquisition de la résidence principale, mais ils restent encadrés et doivent être anticipés.
En matière de mode de gestion, les deux enveloppes offrent aujourd’hui des options proches :
gestion libre,
gestion pilotée,
allocation évolutive avec l’âge.
Dans cette logique de diversification, certains supports immobiliers peuvent également être intégrés au sein d’une assurance vie, offrant une exposition indirecte à l’immobilier tout en conservant le cadre fiscal et la souplesse du contrat.
Là encore, la différence ne tient pas à l’offre, mais à la liberté d’utilisation.
Assurance vie et PER face au départ à la retraite et au décès
À l’approche du départ à la retraite, les règles de sortie prennent toute leur importance.
Le PER impose un choix entre sortie en capital, rente viagère, ou une combinaison des deux. Ce choix est structurant et souvent irréversible.
L’assurance vie, à l’inverse, permet de moduler les retraits dans le temps, sans obligation de rente.
En cas de décès, l’assurance vie conserve un avantage patrimonial majeur. Les capitaux transmis bénéficient, sous conditions, d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Le cadre est largement connu et éprouvé.
Le PER, lui, s’inscrit davantage dans la logique successorale classique, avec une fiscalité souvent moins favorable. C’est un point fréquemment sous-estimé lors de la souscription.
La note de Tanguy
"Beaucoup de PER sont souscrits sans réflexion sur la transmission. Or, les choix faits aujourd’hui produisent leurs effets bien au-delà du seul départ à la retraite. Dans la pratique, c’est souvent au moment du décès que les limites du PER apparaissent, lorsque la fiscalité et les modalités de transmission n’ont pas été anticipées."
Faut-il choisir… ou combiner assurance vie et PER ?
Dans la majorité des situations patrimoniales, la question n’est pas de choisir l’un contre l’autre, mais de déterminer la bonne articulation entre assurance vie et PER.
Le PER peut être pertinent pour :
optimiser la fiscalité d’un revenu élevé,
préparer un complément de retraite ciblé,
encadrer une épargne que l’on souhaite sanctuariser.
L’assurance vie reste incontournable pour :
conserver de la souplesse,
financer des projets intermédiaires,
organiser la transmission.
Il n’est pas possible de transférer librement une assurance vie vers un PER, ni un PER vers une assurance vie. Ces deux enveloppes sont juridiquement distinctes. Toute alimentation d’un PER doit se faire par des versements dédiés, et non par transformation ou transfert direct d’une assurance vie existante.
La combinaison des deux permet de répartir les contraintes et les avantages, à condition d’être pensée dans le temps et ajustée en fonction de l’évolution de la situation personnelle et professionnelle.
Conclusion
Assurance vie et plan d’épargne retraite répondent à des logiques différentes et complémentaires. Le véritable enjeu n’est pas de choisir le dispositif le plus séduisant fiscalement, mais celui qui restera cohérent dans le temps, face aux évolutions de revenus, de projets personnels et de cadre réglementaire.
Un échange confidentiel avec Rivaria Capital permet d’analyser votre situation patrimoniale, d’arbitrer entre assurance vie et PER, et de sécuriser vos choix avant qu’ils ne deviennent difficiles à corriger à l’approche de la retraite.
Vous pouvez réserver un créneau avec un expert de Rivaria Capital afin d’échanger sur votre situation et vos objectifs.
FAQ
Quelle est la différence entre une assurance vie et un plan épargne retraite ?
L’assurance vie est une enveloppe d’épargne polyvalente, conçue pour le long terme, mais restant disponible à tout moment via des rachats partiels. Elle peut servir à préparer la retraite, financer des projets intermédiaires ou organiser la transmission du patrimoine.
Le plan d’épargne retraite (PER), à l’inverse, est spécifiquement orienté vers la retraite. Il offre un avantage fiscal à l’entrée, mais en contrepartie d’une épargne en principe bloquée jusqu’au départ à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Quels sont les inconvénients de l'assurance vie ?
L’assurance vie ne permet pas de déduire les versements du revenu imposable, ce qui peut la rendre moins attractive à court terme pour les contribuables fortement imposés. Par ailleurs, la performance dépend directement des supports choisis : une allocation trop prudente limite le rendement, tandis qu’une allocation trop dynamique expose à des fluctuations parfois mal acceptées si elles n’ont pas été anticipées.
Quel est le meilleur placement pour ma retraite, un PER ou une assurance vie ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le PER est souvent pertinent pour optimiser la fiscalité pendant la vie active, tandis que l’assurance vie apporte de la souplesse et une meilleure maîtrise de la fiscalité à la sortie. Dans de nombreux cas, la combinaison des deux permet d’équilibrer avantage fiscal, disponibilité de l’épargne et préparation de la retraite.
Est-ce qu'un PER vaut le coup ?
Un PER peut être intéressant lorsque l’avantage fiscal à l’entrée est significatif et que l’épargnant est certain de ne pas avoir besoin des fonds avant la retraite. En revanche, il devient contraignant si la situation professionnelle ou personnelle évolue, ou si la fiscalité à la sortie n’a pas été suffisamment anticipée.
Quels sont les pièges de l'assurance vie ?
Les principaux pièges résident dans une allocation inadaptée au profil de l’épargnant, des frais insuffisamment compris, ou une utilisation du contrat en contradiction avec l’objectif initial. Une assurance vie mal structurée peut perdre une grande partie de son intérêt patrimonial.
Quels sont les inconvénients d'un plan d'épargne retraite ?
Le PER manque de souplesse comparé à l’assurance vie. La fiscalité à la sortie peut être lourde selon le mode de sortie choisi, et la transmission en cas de décès est souvent moins avantageuse. Ces contraintes doivent être pleinement intégrées avant toute souscription.
Conseiller en investissements
Passionné par l’investissement, j’ai été formé comme Ingénieur en Finance avant de devenir Conseiller en Gestion de Patrimoine.
Depuis plus de 5 ans, j’accompagne des particuliers à construire un patrimoine réellement aligné avec leur situation, leurs objectifs et leur manière de vivre.
Je suis convaincu d’une chose : un bon conseil financier doit être compréhensible, sur-mesure… et toujours guidé par l’intérêt du client, pas celui du produit.





