Qui ne rêve pas de bâtir un patrimoine immobilier solide ?
Pourtant, accéder directement à la pierre reste un défi : prix d’achat élevés, nécessité d’un apport important et gestion locative lourde pèsent sur la rentabilité d’un investissement en appartement classique.
C’est là qu’interviennent les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier). Elles permettent de devenir copropriétaire d’un parc immobilier diversifié – bureaux, commerces, santé, logistique – sans avoir à gérer un bien en direct. Et avec un financement à crédit, elles offrent un avantage supplémentaire : l’effet de levier, à la fois financier et fiscal. Autrement dit, l’investisseur utilise l’argent de la banque pour générer des loyers et déduire ses intérêts d’emprunt, transformant ainsi un effort d’épargne mensuel en véritable outil de constitution patrimoniale.
Mais cette opportunité est-elle toujours intéressante dans le contexte actuel ? Faut-il privilégier un crédit amortissable ou un crédit in fine ? Et dans quelles conditions la fiscalité peut-elle faire pencher la balance ?
Cet article propose un décodage complet et concret : mécanismes, avantages, chiffres récents et précautions à connaître. L’objectif est simple : vous permettre de déterminer si l’investissement en SCPI à crédit est une stratégie adaptée à votre profil et à vos objectifs financiers.
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En résumé
Taux d’emprunt moyens (2025) : entre 3,5 %* et 4,2 % sur 15 à 20 ans (Observatoire Crédit Logement, Banque de France).
Taux de distribution SCPI (2024) : 4,72 % en moyenne (source : ASPIM). Certaines SCPI de rendement diversifiées dépassent les 5,5 à 6 %, mais d'autres, plus prudentes (santé, résidentiel), tournent autour de 4 %.
Avantage fiscal : intérêts d’emprunt intégralement déductibles des revenus fonciers (impots.gouv.fr).
Durée typique des financements : 15 à 25 ans, principalement en crédit amortissable.
Banques : établissements spécialisés ou réseaux patrimoniaux (BNP, Crédit Agricole, Caisse d’Épargne).
Effort d’épargne : les loyers versés par la SCPI couvrent souvent entre 40 % et 70 % de la mensualité, le solde étant complété par l’investisseur.
Point clé : l’opération reste pertinente si le rendement net de la SCPI est durablement supérieur au coût du crédit, et si l’investisseur est fiscalement en mesure de déduire les intérêts.
* Les meilleurs dossiers peuvent obtenir un taux d’emprunt inférieur à 3,5%
Qu’est-ce qu’une SCPI ?
Une Société Civile de Placement Immobilier (SCPI) est un véhicule d’investissement collectif agréé par l’AMF (Autorité des marchés financiers). Elle collecte l’épargne de particuliers pour acquérir et gérer un patrimoine immobilier diversifié (bureaux, commerces, résidences de santé, logistique, logements).
Chaque investisseur achète des parts de SCPI et reçoit en contrepartie une quote-part des revenus locatifs redistribués sous forme de dividendes. Le rendement est généralement mesuré par le taux de distribution.
⚠️ À noter :
Les SCPI comportent un risque de perte en capital, un risque lié à l’évolution du marché immobilier et à la liquidité. L’effet de levier amplifie aussi bien les gains que les pertes.
Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute décision doit être prise après analyse de votre situation patrimoniale avec un conseiller agréé.
Les SCPI se déclinent en trois grandes familles :
SCPI de rendement : orientées sur la génération de revenus réguliers (4,5 à 6,5 % en moyenne).
SCPI fiscales : destinées à optimiser l’impôt (Pinel, Malraux, déficit foncier).
SCPI de plus-value : peu ou pas de revenus, mais potentiel de revalorisation long terme.
Elles offrent une mutualisation du risque grâce à la diversification et une accessibilité à partir de quelques milliers d’euros. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les SCPI européennes
La note de Tanguy
"En pratique, 95 % des financements à crédit concernent des SCPI de rendement, car elles distribuent des loyers permettant de couvrir une partie du remboursement du crédit. Utiliser le levier bancaire pour des SCPI fiscales ou de plus-value est rarement pertinent, car l’absence de revenus fait peser tout l’effort sur l’épargnant."
Pourquoi investir en SCPI à crédit ?
L’effet de levier financier
L’un des principaux attraits du crédit en SCPI réside dans le levier financier. Lorsque le rendement distribué par la SCPI est supérieur au taux du crédit contracté, la différence profite directement à l’investisseur. Concrètement, cela signifie que vous placez de l’argent qui ne vous appartient pas encore pour générer immédiatement un revenu.
Exemple :
Un emprunt de 100 000 € sur 20 ans à un taux fixe de 3,7 % (moyenne observée en janvier 2025 – Banque de France / Observatoire Crédit Logement) permet de financer une SCPI distribuant 5,2 % brut (moyenne 2024 : 4,52 % selon l’ASPIM).
L’investisseur encaisse environ 5 200 € de loyers bruts par an pour un coût de crédit inférieur : c’est le principe de l’effet de levier positif, qui accélère la constitution de patrimoine lorsque les revenus locatifs se maintiennent.
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⚠️ En 2024, bien que les SCPI aient versé un taux de distribution moyen de 4,72 %, la baisse de la valeur des parts (-5,8 %) a entraîné un rendement global négatif de -1,1 % (source : ASPIM). Ce risque de dévalorisation doit être intégré dans votre stratégie.
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Les revenus de SCPI ne sont pas garantis et peuvent varier. L’usage du crédit comporte un risque de perte en capital et doit être étudié avec un conseiller agréé.
L’effet de levier fiscal
Au-delà du levier financier, le crédit en SCPI ouvre la voie à un avantage fiscal important. Les loyers perçus par la SCPI constituent des revenus fonciers. Mais avant d’être imposés, ces revenus peuvent être réduits par plusieurs charges, et notamment par les intérêts d’emprunt.
Concrètement, on calcule :
Revenus fonciers = Loyers encaissés – Charges (dont intérêts d’emprunt).
C’est ce revenu foncier net qui est ensuite imposé à votre tranche marginale d’imposition (TMI), à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %).
Exemple simple : un contribuable à 30 % de TMI économise près de 47 centimes d’impôt et de prélèvements pour chaque euro d’intérêts déductible. Autrement dit, une partie de ses mensualités est indirectement financée par l’économie d’impôts.
Résultat : l’effort d’épargne réel à fournir est bien plus faible que la mensualité brute de crédit. Cette mécanique est particulièrement intéressante pour les foyers fiscalement les plus imposés, qui maximisent ainsi l’intérêt du financement à crédit.
Constitution d’un patrimoine diversifié
En direct, acheter un appartement locatif vous expose au risque de vacance ou d’impayé sur un seul bien. Avec une SCPI, vous devenez copropriétaire indirect d’un parc immobilier diversifié, souvent composé de dizaines, voire de centaines d’actifs. Bureaux, commerces, résidences médicalisées, logistique : la diversification sectorielle et géographique réduit le risque spécifique.
Accessibilité accrue
Selon l’Insee (2024), le prix moyen d’un logement en France avoisine les 250 000 €. Pour beaucoup d’épargnants, cet effort financier est hors de portée. Les SCPI permettent d’investir dès 30 000 € empruntés, avec un ticket d’entrée accessible et un financement fractionné dans le temps. Cette accessibilité explique leur succès auprès des épargnants souhaitant bâtir progressivement un patrimoine immobilier sans emprunter un capital trop important.
La note de Tanguy
“Sur le terrain, l’avantage clé est l’effort d’épargne maîtrisé. Exemple : pour un crédit de 100 000 € sur 20 ans à 3,8 %, la mensualité est d’environ 600 € (hors assurance). Une SCPI affichant un rendement de 5 % distribue environ 5 000 € par an, soit 420 € bruts par mois. Les revenus locatifs couvrent ainsi près de 70 % de l’échéance, laissant un effort d’épargne apparent d’environ 180 € par mois.Cet effort est ensuite diminué par l’avantage fiscal, puisque les intérêts d’emprunt sont intégralement déductibles des revenus fonciers, ce qui allège la charge nette pour l’investisseur, en particulier pour les contribuables les plus fiscalisés.”
Comment fonctionne l’achat de parts de SCPI à crédit ?
Investir en SCPI à crédit ne se résume pas à signer un prêt : c’est un montage structuré qui associe la banque, la société de gestion et l’investisseur.
Les différents types de crédits possibles
Le plus fréquent est le crédit amortissable. Chaque mensualité comprend une part de capital et une part d’intérêts. Au fil du temps, la charge d’intérêts diminue et l’épargnant se constitue progressivement un capital net : au terme de 15 à 25 ans, il est propriétaire de ses parts de SCPI sans dette. C’est la solution la plus simple et celle que les banques accordent le plus facilement.
Le crédit in fine, plus technique, fonctionne différemment : l’investisseur ne paie que les intérêts pendant toute la durée du prêt, et rembourse le capital en une seule fois à l’échéance. Ce montage est généralement adossé à une assurance-vie ou un placement de sécurité nanti en garantie, destiné à accumuler la somme nécessaire au remboursement final. L’intérêt est double : maximiser la déductibilité des intérêts (ils restent constants sur toute la durée) et réduire l’effort mensuel. En revanche, il exige une discipline financière stricte et une surface patrimoniale plus solide.
Les durées de financement et les garanties demandées
En pratique, les financements s’étalent sur 15 à 25 ans, rarement au-delà. La banque exigera presque toujours une garantie : cela peut être le nantissement des parts de SCPI elles-mêmes, une caution mutuelle (par exemple via Crédit Logement), voire une hypothèque si le montage le justifie. Ces éléments visent à sécuriser le prêt en cas de défaut.
Le processus concret, étape par étape
Choix des SCPI : l’investisseur sélectionne une ou plusieurs SCPI de rendement (souvent entre 2 et 4 pour diversifier les secteurs).
Montage du dossier bancaire : présentation de la situation patrimoniale, revenus, endettement et projet. La banque vérifie la cohérence entre le montant demandé et la capacité de remboursement.
Validation du prêt et souscription : une fois le crédit accepté, l’investisseur signe le contrat bancaire, puis le bulletin de souscription des SCPI choisies.
Mise en place du financement : les fonds empruntés sont versés directement à la société de gestion, qui attribue les parts. Les revenus locatifs trimestriels commencent à être versés, venant couvrir une partie des mensualités de remboursement.
La note de Tanguy
“Sur le terrain, le vrai point sensible est l’assurance emprunteur. Beaucoup d’investisseurs acceptent par défaut l’offre groupe de la banque, souvent à 0,35–0,40 % du capital emprunté. Or, une délégation externe peut descendre à 0,15–0,20 %. La différence, sur un prêt de 150 000 € sur 20 ans, représente plus de 7 000 € d’économie nette. Dans une opération où chaque point de rendement compte, ce simple arbitrage peut transformer une stratégie juste “intéressante” en une stratégie réellement optimisée.”
Pourquoi il est difficile de donner une réponse simple
Les taux d’intérêt varient : un prêt à 3,5 % n’a pas le même impact qu’un prêt à 4,5 %.
La performance des SCPI est hétérogène : certaines distribuent 6,5 %, d’autres à peine 4 %.
La fiscalité personnelle est déterminante : un contribuable à 11 % TMI n’aura pas le même gain qu’un contribuable à 41 %.
L’horizon d’investissement compte : à court terme, le risque de liquidité est réel ; à long terme, la stratégie est pertinente.
👉 A noter : il n’y a pas de “recette universelle”. La SCPI à crédit est un outil, pas une solution miracle.
Conditions de marché et chiffres clés en 2025
Taux d’emprunt : 3,5 % à 4,2 % en moyenne sur 15-20 ans (moyenne observée en janvier 2025 – Banque de France / Observatoire Crédit Logement).
Taux de distribution SCPI : 4,52 % en moyenne en 2024, avec plusieurs SCPI spécialisées dépassant 6 % (ASPIM).
Marché immobilier : les bureaux en Île-de-France souffrent, mais les SCPI diversifiées santé/logistique affichent de bonnes perspectives.
Ticket d’entrée : souvent 5 000 € minimum par SCPI, mais certaines exigent un montant plancher de 10 000 €.
Avantages et précautions
Avantages
Déduction fiscale des intérêts d’emprunt.
Mutualisation des risques immobiliers.
Constitution progressive d’un patrimoine.
Effort d’épargne modulé par les loyers encaissés.
Précautions
Hausse des taux possible.
Baisse des revenus locatifs (vacance, renégociations).
Risque de perte en capital.
Liquidité limitée (revente soumise à marché secondaire).
Conclusion
Investir en SCPI à crédit reste en 2025 une stratégie pertinente pour constituer un patrimoine immobilier diversifié sans effort d’épargne disproportionné. L’intérêt de l’opération repose sur deux piliers :
Un rendement net supérieur au coût du crédit.
Une optimisation fiscale par la déduction des intérêts d’emprunt.
L’opération reste pertinente à condition que le rendement net de la SCPI (après frais et fiscalité) reste supérieur au coût réel du crédit, et que la valorisation des parts se maintienne dans le temps. Le différentiel brut n’est pas suffisant à lui seul pour garantir une rentabilité nette positive.
Cette solution convient surtout aux investisseurs de long terme, disposant d’une capacité d’endettement maîtrisée et d’une situation fiscale favorable.
👉 Attention : le rendement global d’un investissement en SCPI à crédit dépend autant du taux de distribution que de l’évolution de la valeur des parts. Un accompagnement personnalisé permet de mieux cerner le profil de risque de chaque SCPI.
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FAQ
Quel taux d’emprunt pour SCPI ?
En 2025, les taux sont compris entre 3,5 % et 4,2 % sur 15 à 20 ans.
Quelle banque prête pour le SCPI ?
Certaines banques de réseau (BNP, Crédit Agricole, Caisse d’Épargne) ainsi que des établissements spécialisés en crédit patrimonial.
Est-il rentable d’investir 50 000 € en SCPI ?
Oui, si le rendement net (4,5–6 %) dépasse le coût du crédit, et que l’investisseur peut déduire ses intérêts. Exemple : un prêt de 50 000 € sur 20 ans à 3,7 % peut générer 2 500 à 3 000 € de revenus bruts annuels.
Est-il possible d’investir en SCPI sans crédit ?
Oui, par achat comptant ou via un contrat d’assurance-vie, mais sans effet de levier.
Est-il possible d’investir à crédit dans une SCPI via une assurance-vie ?
Non, l’effet de levier bancaire ne s’applique pas en assurance-vie. Les SCPI logées dans une assurance-vie sont financées en numéraire.
Quels sont les avantages du rachat de crédit pour une SCPI ?
Il permet d’alléger les mensualités, d’étaler la dette et d’optimiser le différentiel rendement / taux, surtout en cas de baisse des taux après souscription.

Conseiller en investissements
Passionné par l’investissement, j’ai été formé comme Ingénieur en Finance avant de devenir Conseiller en Gestion de Patrimoine.
Depuis plus de 5 ans, j’accompagne des particuliers à construire un patrimoine réellement aligné avec leur situation, leurs objectifs et leur manière de vivre.
Je suis convaincu d’une chose : un bon conseil financier doit être compréhensible, sur-mesure… et toujours guidé par l’intérêt du client, pas celui du produit.